Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 22:09

Avec une maîtrise parfaite du noir & blanc, l'univers de Chabouté est parcouru d'arbres cisaillant le ciel, de vols de corbeaux et de visages tour à tour grotesques et touchants. Dans des oeuvres telles que Zoé, Sorcières ou la Bête, l'auteur-dessinateur se saisit de la matière poétique de la France reculée autant qu'il en scrupte les phénomènes de rumeurs et les peurs ancestrales. Le tout avec un romantisme noir qui n'est pas sans rappeler le Giorgino de Laurent Boutonnat. Légendes Urbaines se devait de livrer un aperçu sur les premières oeuvres de ce sorcier de la bande dessinée.

 

01_Zoe_-Comics-.jpg Les villages de Chabouté sont des espaces intemporels, les saisons y sont de même indéfinissables. Si un autocar n'avait conduit Zoé au début de la bande-dessinée éponyme, il eût été impossible de définir à quelle époque appartient son village: aucune technologie moderne ne vient nous en informer dans les intérieurs rustiques et les maisons uniformes. On y brûle encore la sorcière tous les ans, une sorcière de paille sur un bûcher dans la forêt. Une vieille tradition qui n'offusque pas le curé.

 

Comme tout droit sortis d'un cirque de cinéma expressionniste, des saltimbanques attirent dans Sorcières un homme pour lui lire l'avenir: il sera célèbre, il voyagera sur les routes... La rencontre tourne à l'embuscade, l'homme crédule se voit trancher bras et jambes, il deviendra la nouvelle attraction du cirque: l'homme-tronc. On a ici un écho manifeste à Freaks de Tod Browning et de l'époque des foires aux monstres où étaient exhibés des "curiosités" de la nature: siamois, nains, hommes ayant des excroissances de membres...etc.

 

Cet épisode, basé sur un élément de folklore ancien, fait pourtant écho au dénouement de Zoé qui révèle un trafic d'organes pratiqué sur les voyageurs de passages « dépossedés » dans l'hotêl d'un village reculé. La bande dessinée reprend alors une légende urbaine qui a sévit dans les années quatre-vingt dix, et continue de surgir de temps à autre (voir notre post sur le sujet): celle du voleur d'organes. L'univers de Chabouté semble alors tisser un lien entre peurs ancestrales et folklore de nos sociétés modernes. Ses voleurs d'organes se greffent à mi-chemin entre les villageois inquiétants et les personnages troubles de la légende, tel celui de la femme cachant son avidité derrière la séduction pour voler le rein d'un touriste. L'insoupçonnable curé de Zoé en est le parfait exemple.

 

 

 

chaboute-zoe01.jpg « Il est disons... un peu simple d'esprit! » Simple d'esprit mais peu difficile à cerner. Hugo, en dépit de son caractère touchant que seule semble percevoir Zoé, a la drôle d'occupation de collectionner des crânes après les avoir donnés à « nettoyer » aux fourmis. Pourtant, si l' « idiot » du Village de N.Shyamalan porte derrière cette difficile (ou trop facile?) appréhension des pulsions meurtrières, la situation se renverse dans Zoé, reprenant le motif des « ce n'est pas ceux que l'on croit ». Les êtres marginaux, soupçonnés des autres, ont ici le beau rôle (sorcière, idiot du village). Dans une logique toute romantique que partage Freaks,le dénouement de Zoé voit porter la culpabilité sur les notables et bien-pensants du village au détriment des êtres à part. Ses marginaux, il en fait des êtres sensibles, à la manière du SDF d'Un ilôt de bonheur. Voir enfantins, du moins les seuls capables de voir la poésie cachée derrière les choses. Cet amour des marginaux se retrouve pareillement dans Giorgino de Laurent Boutonnat, qui analyse dans son village, plus en avant que Chabouté, les phénomènes de rumeurs et de folie (voir hystérie) collective.

 

Le caractère inquiétant de Giorgino est alors basé sur le fait qu'à l'instar d'une nouvelle gothique comme The Minister's Black Veil de Nathaniel Hawthorne, les fantasmes des habitants du village viennent se mêler à la narration et aux images. Cela sans que le point de vue du réalisateur ne bascule totalement dans l'adhésion à ses fantasmes. Ainsi cette histoire mystérieuse d'orphelins disparus, dévorés par les loups suivant les uns, noyés par la jeune Catherine, mutique marginale, en charge d'eux. Les images représentées, sans presque aucune adjonction d'éléments extraordinaires ou sujet à "caution", vont alors tout miser sur l'atmosphère qui s'en dégage: ce sont les dessins cauchemardesques des enfants représentant les loups, une villageoise ponctuant de "on dit" le traitement que Catherine aurait infligée aux enfants sur le ton du scandale, ou la succession de leurs chambres vides se dévoilant à Giorgio alors qu'il échappe un cri assourdi. On ne saura au final rien de ce qui est advenu de ces enfants, tant la superposition du fantasme au réel nous aura fait perdre la raison, rendant l'enquête de Giorgio, parti à leur recherche, nule.

 

Cette atmosphère "fantastique", sans que l'on tombe dans une représentation du surnaturel, est également une caractéristique d'une partie de l'oeuvre de Chabouté, qui mise alors sur l'ambiance dégagée de son dessin et la symbolique portée par certains éléments qu'il glisse: chats noirs, barbelés, arbres cisaillant le ciel blanc. Peut-être une façon, à partir de la réalité sous son dessin, de nous faire projeter nos propres fantasmes.

 

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Ring et les légendes urbaines

 

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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 08:24

20minutes-fr-logo-cddd3-1-.jpgTout l'été, le journal 20 minutes nous a fait découvrir une légende urbaine, suivit d'un décryptage sommaire. C'était chaque vendredi et c'est à lire (ou à relire) sur le site du journal. Relativement bien racontée, chaque légende est ensuite expliquée: contexte d'énonciation, différentes variantes, "morale"... Dommage que l'analyse n'aille pas un peu plus en profondeur, pour "L'homme sur le siège arrière" on aurait pu par exemple faire un parallèle avec le cinéma d'horreur pour qui cette légende est devenue une sorte de motif récurrent! Dans un prochain article, nous parlerons du travail de Martine Roberge à ce sujet, ethnologue qui a réalisé un travail autour des légendes urbaines et du cinéma d'horreur. En attendant, Légendes Urbaines vous souhaite une bonne rentrée!

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 23:21

Chroniqueur pour Discordance, j'ai apporté ma contribution au dossier "Psychopathes" par une réflexion sur ceux-ci dans la culture populaire et les légendes urbaines.

 

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Les légendes urbaines, la mode des serial-killers et les faits divers sanglants toujours plus médiatisés ont fait du psychopathe l’incarnation du mal absolu dans l’imaginaire populaire, déclenchant autant l’effroi que la fascination morbide. Le troisième volet de notre série tentera de dresser le portrait de ces nouveaux Satans à travers les peurs qu’ils nous renvoient. [...] Lire la suite sur le site

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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 18:42

L97827637880121Aujourd'hui ethnologue à l'Université de Laval (Canada), Martine Roberge s'est largement consacrée à la rumeur et à la légende urbaine dans ses travaux. Sorti il y a quelques mois, De la rumeur à la légende urbaine, réactualise une recherche qu'elle a mené pour son mémoire de master. Après y avoir consacré un article, nous invitons aujourd'hui Martine Roberge sur Légende Urbaines pour répondre à nos questions et évoquer son dernier livre.

 

 

Votre livre "De la rumeur à la légende urbaine" est sorti il y a quelques mois. Il est une réédition revue et complétée d'un travail mené dans le cadre de votre master. Qu'est ce qui en tant qu'étudiante vous a, à l'époque, poussée à écrire un mémoire sur les légendes urbaines?

D’abord la rencontre avec un professeur, Jean Du Berger, qui s’intéressait aux légendes traditionnelles et plus spécifiquement à la présence du diable dans les légendes. Ses enseignements au coeur de la mythologie populaire m’ont résolument tournée vers les formes plus contemporaines de ces récits et de ces mythes dont j’avais pleinement conscience qu’ils étaient encore très présents dans nos sociétés modernes. Issue d’une formation au niveau collégial en Arts et lettres, j’avais un intérêt marqué pour la littérature française et l’analyse de discours. En commençant mes études universitaires en folklore et ethnologie à l’Université Laval, notamment par l’étude des formes de la littérature dite orale (conte, légende et chanson), j’ai réalisé que ce qui me fascinait vraiment était la notion de récit ou de narration (bref, raconter une histoire), peu importent les genres. C’est dans cette voie que j’ai poursuivi mes travaux de doctorat en comparant les genres folkloriques, littéraires, traditionnels, contemporains et filmiques en analysant des « histoires de peur ». J’y ai découvert « l’art de faire peur » et la complexe dialecte entre le réel, le possible et l’imaginaire.

 

 


Est ce que l'apparition de l'internet pour tous a beaucoup fait bouger vos méthodes de travail sur la rumeur et la légende urbaine, en tant qu'ethnologue, ou vous a ouvert de nouvelles perspectives?

L’apparition d’Internet constitue une sorte de révolution dans le champ de l’ethnologie. Ce média, qui fonctionne à la manière d’un réseau de communication, opère principalement à deux niveaux. Il est devenu un lieu de prédilection pour la circulation des rumeurs et des légendes urbaines. L’ethnologue peut donc étudier, à travers les nombreux sites spécialisés (hoax) ou personnels, blogues et plus généralement les médias sociaux (clavardage et Facebook), le répertoire des récits ou énoncés de croyances qui y circulent. Internet devient alors une source intarissable où l’on peut observer l’évolution ou la stagnation des rumeurs-légendes. Internet agit donc comme un canal de diffusion qui a sans aucun doute joué le rôle de diffuseur. De plus, la multiplication des relais joue aussi un rôle sur le cycle « naturel » (apparition – amplification – latence – réapparition, etc.) de circulation de ces récits. Avec Internet, on a l’impression que les récits de ce genre sont omniprésents. Pour l’ethnologue, il est devenu incontournable d’observer les conversations quotidiennes qui ont cours dans les médias sociaux, car les rumeurs-légendes sont principalement des genres conversationnels. Enfin, Internet, en tant que nouvelle technologie, est aussi objet de rumeurs-légendes. Que ce soit son fonctionnement plus ou moins mystérieux pour les gens ordinaires ou les virus qu’il peut transmettre intentionnellement ou accidentellement, Internet, comme objet, appartient à la thématique des techno-peurs et alimente toute une mythologie.

 

 


On parle souvent des méfaits des rumeurs dans la société, pouvez-vous nous parler du rôle, éventuellement positif, qu'elles entretiennent sur les individus ou leurs "groupes d'appartenance"?

Le côté négatif des rumeurs-légendes est généralement au discours qui portent sur autrui – personne physique ou morale (dénonciation, réputation) dans un but stratégique, pour manipuler l’information ou faire du tort. Ces rumeurs-légendes ont le sens de colportage, ragot, potin. Plusieurs légendes-rumeurs circulent pour leur seule capacité informative; elles servent d’avertissement, ou de dénonciation de certains abus ou méfaits ou encore elles identifient certains comportements ou peurs. Ce rôle est alors plutôt positif car il sert un but collectif, social, de règle de vie en société par exemple; il s’agit d’un rôle utilitaire en quelque sorte. Dans mon ouvrage, j’ai aussi voulu montrer qu’il y avait une autre fonction, celle d’exutoire ou de catharsis. Parce qu’il s’agit d’un discours hautement symbolique, les rumeurs-légendes tentent d’apaiser des peurs collectives en les ramenant quotidiennement dans les conversations. Leur fonction essentielle est celle d’alimenter les conversations, de nourrir la trivialité tout en la dépassant. Elles exercent ainsi un certain contrôle social.

 

 


Vous parlez, dans votre livre, du fond commun des rumeurs en adoptant une méthode d'analyse proche du structuralisme... Pensez vous que cette approche peut expliquer la capacité des rumeurs et des légendes urbaines à passer aussi facilement les frontières de langue et de culture?

Je crois que ce type d’analyse a eu le mérite de faire ressortir l’aspect symbolique du discours des rumeurs-légendes. Les stratégies de métaphore et de métonymie que l’on peut observer au-delà des mots laissent transparaître une langue universelle, des images et des thématiques qui transcendent les cultures. Nous nous trouvons donc devant une grande mythologie qui invariablement transporte l’être humain, d’où qu’il soit, à travers de grandes peurs ou préoccupations.

 

 


Pensez-vous que la mondialisation a fait naître des "lieux communs de la peur"? On trouve par exemple dans tous les pays occidentaux un fort nombre de légendes urbaines autour du métro, des nouvelles technologies ou des différentes marques de fast-food et de boissons gazeuses...


Cette question est en lien avec la précédente. Le mouvement de la mondialisation a certainement contribué à cristalliser plusieurs des récits autour des « géants » (multinationales, compagnies diverses – pétrolières, pharmaceutiques, etc.) qui, par leur omniprésence à l’échelle planétaire, deviennent les cibles, que dis-je, les boucs émissaires par excellence de tout ce qui ne tourne pas rond dans nos civilisations. Ces géants incarnent le Mal, que l’on peut dorénavant nommer, afin de faire porter la faute ou d’expliquer le complot. La mondialisation agit sur les légendes-rumeurs au même titre que la religion sur les croyances ; elle centralise un certain discours autour d’une mythologie universelle; ce faisant, elle annihile en même temps les différences entre les cultures et la diversité des croyances comme une sorte d’hégémonie.

 

 

De plus en plus d'émissions télévisées s'intéressent aux rumeurs et légendes urbaines, que ce soit pour les "démonter", les mettre en scène, les expliquer... comment expliquez vous cet engouement?

Je dirais que cet engouement est en partie dû à la fascination pour le mystérieux ou le mystère. Les rumeurs-légendes exploitent à la puissance 10 cette ambiguïté entre le réel et la fiction, entre le vrai, le faux et le plausible. Devant quelque chose d’inexpliqué ou d’inexplicable, le réflexe de l’être humain est moins un acte foi que le contraire, vouloir comprendre ce qu’il en est, donc raisonner. Je crois que l’être humain a horreur du vide : il ne peut se contenter de croire, il doit comprendre. La raison l’emporte. De ce fait, l’humain est d’abord incrédule et il se méfie de ceux de ses semblables qui sont trop crédules. Par ailleurs, l’horreur ou certains événements, accidents inexpliqués nous parviennent constamment et à plusieurs reprises de façon quotidiennes dans les médias d’information, qui eux, ont pour rôle de nous informer correctement en cherchant à expliquer les faits, en vérifiant la source des informations rapportées (journal télévisé); nous sommes plongés au coeur d’une actualité qui rapportent des faits plus ou moins plausibles. Maintenant ici, je crois que l’on fait référence à ces émissions qui exploitent les récits de rumeurs-légendes urbaines, qui les scénarisent et les dramatisent afin de mieux les démonter. La popularité de ce type d’émissions est certainement à mettre en parallèle avec les télé-réalités. Le téléspectateur peut y vivre par procuration certains effets sans être lui-même en cause. Encore une fois, l’écran agit comme une sorte de catharsis – il y a drame sans les effets. Voir une croyance ou une légende urbaine démontée de toute pièce consiste en un exercice de simulation: devant un phénomène semblable, serons-nous aussi crédule la prochaine, allons-nous être alerte pour détecter l’arnaque ?

 

 


Pour terminer, qu'aimeriez-vous apporter aux lecteurs par votre livre?

Le plaisir de prendre conscience que derrière certains énoncés de croyance anodins, derrière certains récits se cachent une dimension profonde et symbolique. Pendant que les rumeurs-légendes urbaines nous parlent d’aliment, de fours à micro-ondes, de téléphones cellulaires, elles nous disent au fond autre chose : à vous de les démystifier. J’aimerais en fait que le lecteur soit maintenant mieux outillé pour déterminer s’il est en présence d’une rumeur-légende ou d’une information plausible; en définitive, j’ai voulu réhabiliter la légende urbaine comme un genre conversationnel auquel nous devrions tous prêter attention.

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 16:25

http://www.fixweb.fr/assises2010/img/aff1.jpgDes paroles "choc" du chroniqueur Eric Zemmour sur les étrangers, en passant par le populisme à la Frêche (ex-PS), les propos xénophobes ne sont pas l'apanage de la seule extrême-droite. L'institut BVA à mené l'enquête auprès d'un échantillon représentatif de 1029 français à l'occasion des Assises Nationales de la lutte contre les préjugés, qui se tenaient hier à la Sorbonne. Racisme, antisémitisme et homophobie étaient l'objet d'une série de préjugés soumis aux sondés, avec comme ligne de mire l'influence des autorités (chercheurs, écrivains, médias et politiques) sur leur acceptation.


Un constat en demi-teinte

 

Le constat de Céline Bracq, directrice adjointe de BVA Opinion, est en demi-teinte: les français seraient tolérants, peu influencés par les préjugés xénophobes de personnalités médiatiques mais la propagation de certains préjugés resteraient en forte augmentation. 84 pour cent des français se déclarent non racistes "contre tout de même 15 pour cent à se dire raciste" insiste M. Bracq. Parent pauvre des campagnes de sensibilation déployées par l'Etat, l'homophobie ne semble concerner que 6 pour cent des sondés contre 92 pour cent à se déclarer non-homophobes. 93 pour cent des sondés contre 4 pour cent ne seraient enfin pas antisémites.

 

Le préjugé concernant les homosexuels est massivement rejeté par les sondés ("les homosexuels sont plus obsédés par le sexe que les autres"), en revanche les préjugés racistes enregistrent un score, voire une propagation, assez inquiétants. 49 pour cent des sondés déclarent par exemple que les étrangers savent mieux profiter du système de santé que les autres et le préjugé affirmant que les arabes sont plus souvent délinquants que les autres à été multiplié par plus de deux par rapport à un sondage effectué l'an dernier (28 pour cent par rapport à 12 pour cent en 2009).

Le préjugé concernant l'influence des juifs sur les médias et la finance, remporte l'adhésion de tout de même 33 pour cent des sondés malgré une baisse sensible par rapport à 2009. M. Bracq attache le haut score de 2009 à la crise financière et à l'affaire Madoff, ce préjugé faisant alors le pain des théories conspirationnistes. Il faut enfin noter, ce qui n'est pas rien, que 71 pour cent des sondés confirment au moins un des préjugés qui leur sont soumis.

 

L'influence des autorités médiatiques est en revanche minorée, voire inexistante, d'après le sondage. L'échantillon des sondés a effectivement été divisés en deux groupes: une partie étant confrontée librement aux préjugés et l'autre y étant confrontée comme émanants d'une autorité fictive. Les variations entre les résultats des deux groupes sont minimes, pas plus de quatre pour cent pour chaque préjugé soumis. Le constat de M. Bracq reste cependant lucide, les propos des personnalités médiatiques influencent beaucoup moins l'opinion que  l'on pourrait "spontanément imaginer". Mais cela veut dire que le préjugé est affaire de "croyances personnelles et anciennes" donc "qu’il est très difficile de le combattre".

 

Est-on plus enclin aux préjugés à droite qu'à gauche?

 

Une question qui pourrait ressembler à un préjugé... pourtant le sondage révèle une possible influence du positionnement politique des sondés avec leur propension à l'acceptation des préjugés ou de la xénophobie. 23 pour cent des sondés se déclarant à droite se jugent racistes contre 11 pour cent à gauche. Enfin, 86 pour cent des sondés de droite confirment au moins un des préjugés qui leur sont soumis contre 61 pour cent à gauche. Faut il trouver une réponse dans l'attitude des personnalités politiques face à la xénophobie? Si l'influence des politiques est mineure sur la formation des préjugés, ils jouent en revanche un rôle mobilisateur autour de valeurs qu'ils dégagent. Hors une grande majorité de paroles "choc" à tendance xénophobe, aditionnés au récents débat sur l'identité nationale, émanent de personnalités de droite, bien que le cas Frêche ait vu naître un cas de Le Pen de gauche. A la différence près que le PS à rapidement réagit sur le cas... alors que l'UMP n'a toujours pas exclu de ses rangs le multi-récidiviste M. Vanneste, qui siège sous l'étiquette UMP à l'Assemblée. Le parti de droite devrait étudier son cas en juin, comme l'a annoncé M. Bertrand il y a quelques jours.

Par Légendes urbaines - Publié dans : Croyances populaires et idées recues. - Communauté : Homme, Culture, Société
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Eymeric, belfortain, étudiant dans les métiers du livres à l'Université d'Aix-Marseille I. Egalement chroniqueur pour Discordance.fr (webzine culturel).

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